
Jacques et son Maître – Des pantins philosophes
Jeudi 14 février 2008
Jacques part en forêt avec son Maître. Pour aller où ? On ne le sait pas. Mais “est-ce que l’on sait où l’on va ?”.
Cela résume l’histoire de Jacques et son Maître. Un voyage sans véritable but car qu’importe ? L’intérêt du récit n’est pas tant dans ce voyage que dans les histoires que les deux personnages se racontent.
De digressions en divagations, la pièce mèle les écrits de l’écrivain Diderot à ceux de l’auteur Kundera, les pantins de chiffon aux héros sentimentaux, les temps passés au moment présent. Nous sommes ballotés entre amourettes, tromperies, émois sensuels, vengeances, et toujours le même schéma qui se répète.
Sur une mise en scène intelligente de Martin Genest, nous observons l’univers burlesque servi par les pantins du Théâtre Pupulus Mordicus. Ici, les personnages secondaires entrent en scène par le biais du grotesque et de la démesure. Mais qu’on ne s’y méprenne ! Cette désinvolture est une façade derrière laquelle se cachent les questions philosophiques et les répliques à méditer. La fatalité d’un destin “écrit là-haut” ou la manipulation de l’histoire et des ses acteurs ne sont que quelques-unes des réflexions existentielles. Pour illustrer l’exemple avec légèreté, on nous prend à parti, le Maître s’offusquant de ne pas avoir de chevaux, comme le voudrait pourtant le texte de Diderot !
Kundera manipule les marionnettistes, Jacques (Patrick Ouellet) ainsi que son Maître (Jean-Jacqui Boutet) qui nous livrent une performance ludique et pétillante. De quoi (re)découvrir l’oeuvre de Diderot sous un nouveau jour.
Au Centre National des Arts d’Ottawa du 12 au 16 février 2008, 19h30.

Photos : Louise Leblanc
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«Jacques le fataliste est l’un des romans que j’aime le plus ; tout y est humour, tout y est jeu; tout y est liberté et plaisir de la forme ; c’est pourquoi, ai-je dit dans L’art du roman, «en France ce livre est scandaleusement sous-estimé : il concentre tout ce que la France a perdu et refuse de retrouver».Seul un goujat touche à la forme d’une ouvre qui ne lui appartient pas. Méprisés soient les adaptateurs ! Cette pièce n’est pas une adaptation ; c’est ma forme à moi ; ma rêverie ; ma variation sur un roman que j’ai voulu fêter.” KUNDERA