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Halifax – Sereine et intemporelle

Lundi 31 mars 2008

IMG_1488Le port marchand qui s’étale sous le pont MacDonald barre l’entrée d’Halifax de poutres métalliques et de paquebots rouillés. Passé la froideur industrielle, les Historic Properties se dévoilent, sobres, presque austères. C’est dans la lumière de fin d’après-midi que les vieilles bâtisses révèleront le charme de leurs pierres ferriques donnant sur la baie, le long de Lower Water Street.

Ici, amarrés aux digues, les bateaux mal dégrossis lorgnent sur la réplique du Bluenose, la goelette de course ayant fait la gloire de la région dans les années 20. Les rares badauds font de même et profitent de la sérénité du lieu dans la fraîcheur du mois de mars.

IMG_1406Quelques blocs derrière la baie, des maisons aux jolies couleurs comme il se doit dans la région, et voilà le centre-ville. Le long de Barrington Street et Spring Gardens Road, se déroule un cortège de petits magasins, de bars et de restaurants. Juste assez pour flâner, trop peu pour se vanter et c’est avec plaisir que l’on y croise de nombreux promeneurs qui font vivre le quartier.

Mais qu’on ne s’y méprenne, la petite ville paisible ne manque pas de relief. Le vieux cimetière Old Burying Ground, les églises anciennes et autres Clock Tower nous racontent, bienveillants, les histoires de la ville. Quant à la Citadelle, juchée sur sa colline en centre-ville, elle nous offre le récit désuet des batailles anglo-françaises.

Une ville portuaire tranquille, dépouillée de tout faste, dans laquelle chacun flâne sans s’occuper du reste. Entre bâtiments insolites, calme des flots et sérénité ambiante, Halifax est une petite ville agréable sur laquelle le temps n’a pas d’emprise.

Site web : www.halifaxinfo.com

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Musée canadien de la guerre – Aspirés par l’Histoire

Mercredi 19 mars 2008

Musée Canadien de la Guerre Ouvert en 2005, le musée canadien de la guerre frappe par la singularité de son architecture. Ca n’est cependant pas ce que l’on retient, car le meilleur est à venir. Ce musée est tout simplement exceptionnel.

Chaque section retrace les grandes guerres qui ont touché le Canada, depuis les premiers peuples. On s’imprègne de la colonisation, des guerres mondiales, de la guerre froide et on commente les chars et autres tanks grandeur nature…

Musée Canadien de la GuerreCe musée interactif fait appel aux sens. On nous propose de porter un casque de 1914. “Pourriez-vous le porter toute la journée ?” nous demande-t-on. On visionne des films, on examine des choses, on lit des commentaires, on écoute des témoignages… Tout est fait pour nous impliquer. On se sent aspiré par l’Histoire. Cet incroyable musée est d’une richesse et d’une réussite incomparable.

Musée Canadien de la GuerreAu bout du parcours, le niveau s’élève d’un cran. Je parlais d’interactivité, je parle maintenant d’interaction. On nous propose de mettre les choses en perspective. Partager des idées avec les grands de ce monde, par carte postale interposée. Penser au sens de l’Histoire. Réfléchir à notre rôle. Penser au déroulement de notre Histoire.

Captivant, ludique, étonnant, un musée qui donne l’exemple.

Musée Canadien de la Guerre                   Musée Canadien de la Guerre

Site web : www.warmuseum.ca

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Dialogue avec mon jardinier – L’Amitié, la vraie

Lundi 17 mars 2008

Dialogue avec mon jardinierLui, il est parisien, c’est un artiste peintre. Une vie bancale, des relations instables le pèsent et chaque jour, marquent un peu plus son existence. En homme torturé à l’aube de la cinquantaine, il retourne dans sa France profonde, dans la maison de son enfance. Il rentre pour faire le point.

Lui, il posait des chemins de fer, maintenant il est retraité. Ca n’était pas un travail facile mais l’avantage avec la SNCF, c’est l’assurance santé qui est béton. En fait sa vraie passion, c’est le jardinage. D’ailleurs, s’il avait pu faire autre chose de sa vie, c’est ça qu’il aurait choisi. S’occuper de ses plants, faire une pause pour manger un hareng, la belle vie quoi.

Ces deux là sont des copains d’enfance, aux mêmes souvenirs de gamins. Ils ont pris des routes différentes pour se retrouver ici, par hasard. En toute simplicité, ils parlent de la vie, des choix qu’ils ont fait, des choses qu’ils ressentent. Ils sont simplement amis. En jardinier philosophe adepte du gros bon sens et en peintre accompli mais qui se cherche encore, Daniel Auteuil-Dupinceau et Jean-Pierre Darroussin-Dujardin nous font vivre des moments touchants, vrais et sincères. Dialogue avec mon jardinier est une petite tranche de vie à la confiture douce-amère dont on se délecte jusqu’à la dernière miette.

Dialogue avec mon jardinier Dialogue avec mon jardinier Dialogue avec mon jardinier Dialogue avec mon jardinier

Site web : Dialogue avec mon jardinier sur Allocine.fr

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Thomas Fersen – Duo Ukulélé

Vendredi 14 mars 2008

Salle du théâtre Maisonneuve de Montréal, le 3 août 2007. Ambiance tamisée, 2 chaises et 2 micros, le spectacle sera intime. Thomas Fersen entre en scène avec son guitariste Pierre Sangra, les ukulélés à la main. Instrument principal, le duo y fera quelques incartades avec la mandoline, l’harmonica ou… le pipo !

Chansons récentes, refrains plus anciens, Thomas Fersen offre un mix de saveurs, goûtées en choeur par le public. L’artiste charme la salle de son humour tout en retenue. Demi-sourires, mots bien placés, il nous entraine dans un univers d’histoires insignifiantes, de contes féériques, de fables merveilleuses. Plus de deux heures de concert et deux rappels nous ont séduit. Thomas Fersen, un personnage à part, dans un monde à vivre…

Site web : Thomas Fersen sur le Label Tôt ou Tard

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La Sucrerie de la Montagne – Pierre et le Loup

Dimanche 2 mars 2008

La Sucrerie de la MontagneC’est l’histoire de Pierre et le Loup. Dans la montagne de Rigaud, entre Ottawa et Montréal, se cache la cabane de Pierre. Construite de bois centenaire, authentique et robuste, elle se mêle à la forêt d’érables. Vers le mois de mars, Pierre, sa grosse barbe blanche et son air bourru quittent la cabane accompagnés d’une belle louve âgée de deux ans. Pierre fait des petits trous dans le bois et attache des seaux qui se remplissent goutte à goutte. Il collecte l’eau d’érable pour en faire un bon sirop. La cabane de Pierre à un nom, elle s’appelle la Sucrerie de la Montagne.

Quand vient le temps des sucres, Pierre accueille les gourmands. Ils viennent par centaines, par milliers, pour le sirop, évidemment ! Ces bouches sucrées raffolent de l’érable qui accompagne leur festin. La soupe aux pois, le jambon fumé; les fèves au lard, les saucisses, les boulettes, la purée; la tourtière, la tarte au sucre, les pancakes et le café, ils arrosent tout de sirop, ou presque. Pierre leur arrose même la neige, pour faire de délicieuses tires.

Pendant cette orgie de nourriture et de sucrerie, les visiteurs goulus vivent de bons moments. Dans la grande salle, des chansonniers rythment le repas. Jeux de cuillères et chansons à texte, l’ambiance est bon enfant. Quoi plus naturel dans endroit rempli de sucre !?

La Sucrerie de la MontagneMais le secret, c’est d’y aller avant ce remue-ménage. Quand il n’y a encore personne et que la louve vous accueille, majestueuse entre les arbres noirs dressés vers le ciel. C’est une entrée en matière comme il y en a peu. Dans la petite salle à manger, à côté des cuisines, vous dégusterez le fabuleux repas, comme les autres gourmands. Mais vous, vous aurez la compagnie de Pierre. Le bonhomme rude et charismatique, vous racontera comme il a roulé sa bosse et jouera de son allure atypique. Vous mangerez aux côtés de la louve, inquiétante mais familière. Dans la chaleur du feu de bois, vous vous émerveillerez de la magie de ce monde parallèle.

Le loup au pelage gris, le bonhomme à la barbe blanche, la petite cabane dans la forêt, à la Sucrerie de la Montagne se joue une belle histoire canadienne.

Site web : www.sucreriedelamontagne.com
Adresse : 300 rang Saint-Georges, Rigaud, QC, Canada
Téléphone : 450-451-0831
Prix : En semaine, midi et soir : 2 ans et moins – gratuit | 3-6 ans – 7$ | 7-12 ans – 13$ | 13 ans et plus – 23$ || Samedi (15h-20h) et dimanche (10h – 14h) : 2 ans et moins – gratuit | 3-6 ans – 8$ | 7-12 ans – 14$ | 13 ans et plus – 27,50$
Réservations : Temps des sucres 2008

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Le Métropolitain – Paris à l’heure d’Ottawa

Jeudi 21 février 2008

Raclement de chaises, clinquement de verres, brouhaha ambiant et serveurs endimanchés. Au Métropolitain, on se sent plus près de Paris qu’on ne pourrait le penser. C’est justement la phrase d’accroche de leur site web… tout en anglais.

Le Métropolitain brasserie-restaurantSuperbe réplique d’une brasserie-restaurant parisienne vintage, le Métropolitain mèle le grandiose des miroirs imposants et l’arrogance des moulures dorées au charme discret de l’éclairage indirect et à la sobriété des tabourets de cuir sombre.

Au menu, Paris se canadianise. Le foie gras poêlé s’agrémente de chutney de canneberges alors que la poutine rivalise avec les escargots au beurre. Dans une fourchette de prix loin d’être indécente, autour des 25$, les plats principaux conjuguent viandes rouges et fruits de mer, mettant l’accent sur le bar à huîtres et sa suite de crevettes, palourdes et crustacés.

Le Métropolitain brasserie-restaurantQuant au service, il est honnête, même si l’on regrette que les manières françaises ne soient pas de mise. A peine finie, l’assiette est ramassée et on nous parle en anglais, dommage. Cependant, empressés mais pas pressants, les serveurs sont de bon conseil et restent disponibles.

Pour un déjeuner d’affaire ou un dîner romantique, on apprécie le raffinement du cadre. Paris à l’heure d’Ottawa, c’est au Métropolitain que ça se passe.

Le Métropolitain brasserie-restaurant

Photos : Fuel industries pour Metropolitain Brasserie-Restaurant
Site web : www.metropolitainbrasserie.com
Adresse : 700 Sussex Drive, Ottawa, ON, Canada
Téléphone : 613-562-1160
Prix : Dîner : Entrées 8-15$ | Plat – 18-35$ | Desserts – 7$
Réservations : Réservations en ligne

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Jacques et son Maître – Des pantins philosophes

Jeudi 14 février 2008

Jacques et son Maître - ThéâtreJacques part en forêt avec son Maître. Pour aller où ? On ne le sait pas. Mais “est-ce que l’on sait où l’on va ?”.

Cela résume l’histoire de Jacques et son Maître. Un voyage sans véritable but car qu’importe ? L’intérêt du récit n’est pas tant dans ce voyage que dans les histoires que les deux personnages se racontent.

De digressions en divagations, la pièce mèle les écrits de l’écrivain Diderot à ceux de l’auteur Kundera, les pantins de chiffon aux héros sentimentaux, les temps passés au moment présent. Nous sommes ballotés entre amourettes, tromperies, émois sensuels, vengeances, et toujours le même schéma qui se répète.

Sur une mise en scène intelligente de Martin Genest, nous observons l’univers burlesque servi par les pantins du Théâtre Pupulus Mordicus. Ici, les personnages secondaires entrent en scène par le biais du grotesque et de la démesure. Mais qu’on ne s’y méprenne ! Cette désinvolture est une façade derrière laquelle se cachent les questions philosophiques et les répliques à méditer. La fatalité d’un destin “écrit là-haut” ou la manipulation de l’histoire et des ses acteurs ne sont que quelques-unes des réflexions existentielles. Pour illustrer l’exemple avec légèreté, on nous prend à parti, le Maître s’offusquant de ne pas avoir de chevaux, comme le voudrait pourtant le texte de Diderot !

Kundera manipule les marionnettistes, Jacques (Patrick Ouellet) ainsi que son Maître (Jean-Jacqui Boutet) qui nous livrent une performance ludique et pétillante. De quoi (re)découvrir l’oeuvre de Diderot sous un nouveau jour.

Au Centre National des Arts d’Ottawa du 12 au 16 février 2008, 19h30.

Jacques et son Maître - Théâtre  Jacques et son Maître - Théâtre

Photos : Louise Leblanc

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Aznavour, l’amour et le temps qui passe

Lundi 4 février 2008

Le Rideau du CNADimanche 10 septembre 2007, 20 heures. Le rideau du CNA se lève. Monsieur Charles Aznavour entre en scène. Triomphe dans la salle alors qu’il entame la première chanson. La main est tremblante, la voix affaiblie par l’âge. Quelques réglages de sons, le chanteur reprend.

Et la légende se révèle. Aznavour chante l’amour. Il chante le temps qui passe. Ses mélodies ont son âge et n’ont pas pris une ride. Amours immuables, jeunesse éternelle, à chaque chanson son histoire touchante que l’on connait par coeur. De refrain en refrain, la voix monte en puissance. L’homme retrouve ses vingt ans lors d’un duo avec sa fille à la voix de crystal. La salle danse joue contre joue avec lui. Transportée, elle offre une standing-ovation après seulement 1h10 de concert. Aznavour est majesteux.

Fin de spectacle, les premières notes de ‘La Bohème’ résonnent sous le piano. 2,400 spectateurs applaudissent. L’artiste entame la chanson un ton sous l’orchestre. Déconcentré, il oublie les paroles du second couplet. Professionnels, les musiciens reprennent la mélodie et soufflent les mots au chanteur, redevenu homme. Aznavour reprend avec l’assurance de l’expérience. La voix est puissante, les pas sont rhytmés. Le public debout applaudit à tout rompre quand le rideau se ferme.

Ses traits ont vieilli, bien sûr, sous son maquillage
Mais la voix est là, le geste est précis et il a du ressort.
Monsieur Aznavour, une légende sans âge
Il connait son métier, il a des idées, on y croit encore!