Jacques part en forêt avec son Maître. Pour aller où ? On ne le sait pas. Mais “est-ce que l’on sait où l’on va ?”.
Cela résume l’histoire de Jacques et son Maître. Un voyage sans véritable but car qu’importe ? L’intérêt du récit n’est pas tant dans ce voyage que dans les histoires que les deux personnages se racontent.
De digressions en divagations, la pièce mèle les écrits de l’écrivain Diderot à ceux de l’auteur Kundera, les pantins de chiffon aux héros sentimentaux, les temps passés au moment présent. Nous sommes ballotés entre amourettes, tromperies, émois sensuels, vengeances, et toujours le même schéma qui se répète.
Sur une mise en scène intelligente de Martin Genest, nous observons l’univers burlesque servi par les pantins du Théâtre Pupulus Mordicus. Ici, les personnages secondaires entrent en scène par le biais du grotesque et de la démesure. Mais qu’on ne s’y méprenne ! Cette désinvolture est une façade derrière laquelle se cachent les questions philosophiques et les répliques à méditer. La fatalité d’un destin “écrit là-haut” ou la manipulation de l’histoire et des ses acteurs ne sont que quelques-unes des réflexions existentielles. Pour illustrer l’exemple avec légèreté, on nous prend à parti, le Maître s’offusquant de ne pas avoir de chevaux, comme le voudrait pourtant le texte de Diderot !
Kundera manipule les marionnettistes, Jacques (Patrick Ouellet) ainsi que son Maître (Jean-Jacqui Boutet) qui nous livrent une performance ludique et pétillante. De quoi (re)découvrir l’oeuvre de Diderot sous un nouveau jour.
Au Centre National des Arts d’Ottawa du 12 au 16 février 2008, 19h30.

Photos : Louise Leblanc


Dimanche 10 septembre 2007, 20 heures. Le rideau du CNA se lève. Monsieur Charles Aznavour entre en scène. Triomphe dans la salle alors qu’il entame la première chanson. La main est tremblante, la voix affaiblie par l’âge. Quelques réglages de sons, le chanteur reprend.
La Grande Parade, Portrait de l’Artiste en Clown a quitté la scène du Musée des Beaux-arts d’Ottawa le 19 septembre 2004. Dans cette exposition, Picasso côtoie Degas et Léger déviants sur un même thème, l’univers du cirque et du spectacle. La Grande Parade n’a pas de grand que son nom. Elle l’est d’abord grâce aux toiles signées de mains de maîtres. Mais elle l’est aussi grâce à son nombre de tableaux, plus de 175.
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